Kayakafrika en Mauritanie
La Mauritanie, là où le kayak prend tout son sens. Plus de 500 kilomètres de littoral abrité et des îles à découvrir. Un immense réseau de vasières et de prairies marines où il est bon de se perdre. Des eaux calmes où l’on croise sans peine dauphins, orques, tortues et requins. Des eaux chargées de vie d’où bondissent mulets jaunes, courbines et capitaines.
Mais la Mauritanie, c¹est aussi un désert varié et merveilleux. Un désert habité qui offre de belles rencontres humaines à ceux qui savent s'ouvrir à l’Autre.
Jusqu’à Nouakchott, la côte, bordée de hautes dunes, reste abritée par la péninsule de Nouadhibou qui brise les vigoureux courants descendants du Nord. Le littoral s’étend plein sud en direction des vastes zones d’estuaires inondés tour à tour par l’Atlantique et le fleuve Sénégal.
Dans la zones du Djawling, à l'intérieur des terres, un étonnant réseau de chenaux brisés par des dunes vives offre un abri inespéré aux hommes, aux animaux et aux plantes.
EXTRAITS DU LIVRE "La Mauritanie, peuples des côtes africaines"
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25 janvier
Il fait si frais ce matin. Pour la première fois, je découvre ma tronche dans l’acier du miroir d’appoint. Portage long et pénible. Parti vers 10h et demie.
Suleyman Ablou Naigi m'invite sur sa lanche au mouillage. Une sorte de pirate gît à l’arrière. En fait, un pasteur perdu sur la mer envahi d’un mal de mer. Suleyman m’offre le riz et le thé au fond du voilier. La lanche est celle d’un boutiquier, un certain Sidi Mohamed Ould Sahelin de Ten Alloul. Tandis que l’apprenti marin dort au soleil.
Il me dit aller jusqu'à 50 kilomètres en mer et plus pour lever des filets de 400 mètres qu’ils mettent à flotter.
28 janvier
Hartoune m’offre encore quelques histoires avant mon départ. Celle des interdits par exemple. Dans sa tribu, on ne consomme pas le coeur des dromadaires car une nuit, l’un de leur illustre ancêtre fut sauvé par l’explosion d'un coeur jeté au feu et qui provoqua la fuite de bandits prêts à le détrousser.
Et puis cette autre histoire d’un cormoran qui a sauvé un ancêtre touché par une flèche dont le sang coagulé l’avait maintenu couché sur un rocher. Le cormoran en se gavant du sang le libera. Dès lors les cormorans ne garnissent pas les plats.
Et celle de l’or qui est interdit même pour les femmes de la tribu parce qu'il fut pomme de discorde provoquant un conflit entre membres de la même tribu.
C¹est ce qui s’appelle de l’expérience empirique au service de la communauté et pourquoi pas de l'environnement !
Nous tombons d’accord. Tout cela est de l’ordre du possible.
Il me tend une photo datant de 1934, légendée Cheikh Ould Mouknass, tribu des Gar’a, fraction Abel Laghzal.
2 février
Très longue navigation avec deux caps et les hautes et longues dunes de l'Azeffal. Près de 40 mètres de haut sur 4 kilomètres de long plongeant dans la mer. Beaucoup de vasières à leur approche.
Vitesse moyenne 6 km/h, 15,3 km en 2h 30.
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